07 janvier 2008

China : land of opportunity

           J'aime la Chine et les milliers d'opportunités qu'elle nous offre !

             Depuis que je suis arrivée j'ai eu la chance de faire des choses auxquelles je n'aurais jamais eu accès en France. Un exemple ? Facile ! Depuis que je suis arrivée j'ai eu l'occasion par deux fois de faire du voice recording, une fois en français et une fois en anglais. Le voice recording consiste à enregistrer un texte en studio souvent sans grand intérêt et sur un ton monocorde.

Ma première expérience fut l'enregistrement d'une aide à la construction de personnages pour jeux vidéos, je devais prononcer des phrases telles que : "Pour mieux gérer les personnages bipèdes possédant des membres supplémentaires tels que des tentacules, des ailes ou des cornes..." ou encore : .

Pour la deuxième il s'agissait d'un enregistrement en anglais où j'ai dû dire des noms de familles imprononçables, qu'ils soient irlandais ou indiens. La plupart du temps j'en inventais sans remords la prononciation. Certains noms était des noms français comme Micheline Dupond et là je remerciait mes années d'entraînement de prononciation de français avec un accent anglais (bien que souvent il mon entraînement consistait plutôt à de l'anglais avec un accent français). Mais le mieux fut quand je dû dire la phrase : I'm a happy boy ! Quoi que : will you sleep with me ? n'était pas mal non plus !

              Mais ce qui remporte la palme des jobs amusant c'est ce que j'ai eu la chance de faire hier : doublage du trailer d'une heure et demie d'une série TV chinoise ! Ce chef d'oeuvre de profondeur et de jeu d'acteur s'intitule Kung Fu kids et fera bientôt son apparition dans vos magazines télé (ou pas). L'histoire ? Elle est bien simple, on suit un jeune garçon (20 ans) dans sa quête de soi. Cela fait deux fois qu'il rate le concours d'entrée à l'université et sa soeur inquiète et agacée qu'il ne s'intéresse qu'au kung fu -et plus particulièrement au taekwondo- décide de lui adjoindre un mentor (prof de kung fu et directeur d'une école de taekwondo) pour le reprendre en main et lui faire réussir l'examen. Suivent alors pleins d'aventures avec les petits héros du kung fu (ses nouveaux amis) et donc pleins de matchs sublimes ainsi que d'histoires d'amour à l'eau de rose.

               Comment ai-je trouvé ce job ? Tout simplement en visitant régulièrement le très utile site du magazine That's Beijing :  www.thebeijinger.com. Il y a quelques jours il y avait une demande de voix françaises pour le doublage d'un téléfilm et un numéro de telephone à appeler. J'appelle donc et l'on me dit que la personne française chaperonnant tout ça me rappelera. Le soir même je reçois un coup de fil et rendez-vous est pris pour le lendemain pour que l'on nous explique le projet. Le lendemain j'arrive et reçois un DVD du trailer (chinois sous titré anglais) et apprend que ce que l'on va faire c'est doubler ce qui est donné aux programmeurs télé pour voir s'ils sont intéressés ou non par l'achat de la série (ce qui explique que le trailer dure une heure et demie et non une minute et demie). Cette série est produite par la compagnie de Jacky Chan qui nous fait d'ailleurs l'honneur d'une présentation du projet en début de DVD ! A la fin de la réunion on nous apprend (par nous j'entend moi et les 4 autres français présents) que l'on va nous recontacter le soir pour nous annoncer quel personnage l'on va avoir l'honneur de doubler.

Une fois rentrée je me dépêche de visionner le DVD, au départ je me dis : aïe c'est nul et mal joué ! Mais au bout de 15 minutes malgré moi je suis prise par l'histoire et grimace de douleur avec les personnages et suis heureuse avec eux lors de leurs victoires ! (bon je m'emporte peut-être quelque peu). J'attend donc avec impatience de savoir quel personnage je vais jouer. La réponse ne se fait pas tarder et j'apprend donc que je vais devoir doubler Xiao Fang (une orpheline de 15 ans que j'ai longtemps cru être un garçon jusqu'à ce que lors du troisième visionnage j'entende finalement le : « tu n'as pas honte de kidnapper ta fille ! ») ainsi que la mère de Yida (un des petits héro) agée d'une trentaine d'années. Mes parties contenaient des phrases intéressantes telles que : « Va-t-en ! Cesse de quémander son pardon » (phrase commune dans la bouche de gamins de 15 ans) ou encore de hurler à pleins poumons (moi qui ne crie presque jamais) : Yi Fumin ! (nom du mari de mon personnage qui vient de faire une chute à moto lors d'une course). C'est donc avec bonne humeur que je m'attaque à la préparation de ces rôles et que je tente différentes voix pour chaque personnage !

Enfin le jour J du doublage arrive et à 9h pétantes j'arrive au studio d'enregistrement (après avoir fait la rencontre d'un chauffeur de taxi assez ahurissant qui après que j'ai eu prononcé deux phrases me demande si je suis française. Lorsque je confirme avec étonnement ses propos et lui demande comment il a deviné c'est avec beaucoup d'applomb qu'il me répond que c'est à cause de mes yeux. Je vous annonce donc que mes yeux sont français ! Lors de ce trajet j'apprend également que tous les staxis pékinois pour les JO vont être équipés de radios reliées à une salle remplie de traducteurs et interprètes. Ainsi, lorsque le spectateur des JO entre dans le taxi et ne sait pas parler un mot de chinois, le chauffeur pourra alors contacter les interprètes qui feront traduction. Malin non !?)

Mais revenons à nos moutons. Si mon jour assigné de doublage était dimanche, l'enregistrement, lui, avait commencé dès le vendredi avec les plus gros rôles.

J'arrive donc au studio fraiche et pimpante, prête pour cette nouvelle aventure. Première surprise : au lieu des quatre ou cinq personnes que nous devions être il n'y a que moi et celle chargée de direction du doublage en français qui en plus de faire de la direction d'acteurs prête sa voix pour le téléfilm. Nous l'appellerons : H. Elle m'apprend qu'elle a dit aux autres de venir plus tard vu que le tournage des jours précédents avait prit du retard. Mais l'un des acteurs qui n'avait pas eu son message arrive vers neuf heure tout de même. Nous étions donc 3.

Nous avons commencé par moi et le rôle de Xiao Fang : le but étant -tout en étant derrière un micro- de redonner des allures de plausibilité à la scène. Essoufflement, colère...

C'était vraiment rigolo !

Etant donné qu'il s'agit là d'un téléfilm de taekwondo il y a beaucoup de scènes de combats et beaucoup de combats lors de compétitions. Ceci signifie donc deux choses : 1. Il a fallut doubler les scènes de combats et donc tous les : ah ! Oh ! Pah ! Poh ! Hoau !... 2. Il a également fallut doubler les spectateurs lors des combats hurlant leur admiration pour l'un ou l'autre des combattant. Il fallait donc remplacer les multiples Jayo ! Par des allez !!! Très marrant à faire mais parfois quelque peu difficile lorsqu'à quatre on est censé recréer le bruit de 100. Mais les techniciens étaient là pour faire des merveilles et après deux passages de Allez Meng Liang Allez ! On pouvait entendre nos voix amplifiées et multipliées d'une telle façon que j'avais presque envie de regarder autour de moi pour voir quels étaient les 60 autres personnes qui venaient de rentrer dans le studio !

En fin de journée alors que j'avais finit d'enregistrer mes scènes mais que je restais sur place -espérant un dinner gratuit...- je me suis vue assigner un nouveau personnage, Xu An, une demoiselle de 25 ans tout de rose vêtue et quelque peu gnangnan. Ce fut donc un bonheur de trouver sa voix et de la doubler !

Maintenant j'espère simplement que des chaînes de TV vont vouloir acheter la série et qu'ils vont accepter de l'acheter toute faite (et non d'avoir le doublage fait chez eux comme l'ont réclamé ses méchants de boches). En effet, si cela venait à arriver cela voudrait dire que je pourrais peut-être (s'ils reveulent bien de moi) participer au doublage des 25 épisodes !

Vive la Chine ! Prochaine étape : réussir à décrocher le dernier job intéressant que j'ai vu sur That's Beijing : retranscripteuse des sous titres de films. En fait ils nous filent les films en anglais et on doit retranscrire ce que l'on entend (en anglais toujours) et c'est ce qui apparaîtra en sous titre. L'interview est prévu pour demain...

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La technicienne du son vraiment très patiente et très sympas. L'homme derrière elle est le chef de projet, c'est lui qui disait si la prise était bonne ou pas au niveau du son ou du jeu.  Il ne pouvait pas toujours savoir si c'était bien vu qu'il ne parle pas français mais c'est lui qui prononcait le mot magique du : "pass" si on pouvait passer à la suivante. Mais il disait tout aussi souvent des choses comme : sound louder, acting no good ou timing not good !

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Cube où l'on enregistrait les scènes. Il était planté en plein milieu d'une grande salle et avait pour particularité d'être complètement frigorifique !

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Intérieur du cube. Là on voit la TV qui nous permettait de voir l'action, on voit en dessous les sous titres en anglais qui nous permettait parfois de nous repérer pour savoir quand commencer à parler. En fait ce qui se passait c'est que la technicienne nous passait la scène en mute et c'était à nous de parler. Il fallait donc que l'on prenne nos repères pour savoir quand commencer à parler, quand s'arrêter. Parfois le texte français était trop court par rapport au mouvement des lèvres, parfois trop long. Il fallait alors modifier le texte pour que ça colle. Parfois, même si la longueur allait c'est le texte en lui même qui était trop ridicule. Exemple : "et la force de mes jambes, tu l'as vue ?"...

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Doubleuses en pleine action ! Voilà comment on double une scène de kung fu !

Posté par Zegawoa à 22:53 - Commentaires [1] - Permalien [#]


Commentaires sur China : land of opportunity

  • t'as de beaux yeux tu sais, merci papa poingt !

    Posté par marion, 09 janvier 2008 à 23:40 | | Répondre
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