03 janvier 2008

Lorsque étranger rime avec expérience

         Aujourd'hui après avoir été rejetée du bureau des statistiques -où je tentais vaguement sur l'invitation de mon colloc de faire du voice recording pour la deuxième fois- je décidais de faire un peu de tourisme culturel et entrais donc dans un Wall Mart.

                                                            

         Si je devais comparer le comparable j'aurais tendance à dire que Carrefour est dix fois mieux que Wall Mart. Je ne sais pas pourquoi mais Wall Mart me fais penser à un supermarché soviétique (attention ceci de la part de quelqu'un qui n'a jamais mis les pieds en Union sovitétique, ou même en Russie for that matter). Pourquoi ? La réponse est simple, ce magasin fait vide, oh bien entendus on y trouve à peu près tout ce que l'on veut mais la sensation du land of plenty en est tout à fait absent.

          Mais enfin bon passons, je m'égard complètement car là n'est pas du tout le but de cet article. Son but étant de relater une aventure prenant place dans ledit Wall Mart.

          Je me baladais donc dans ces vastes rayons lorsque d'un seul coup je me fais interpellée par une chinoise. Elle s'excuse, me dit qu'elle a besoin d'aide et me demande si je parle chinois. Quelque peu abasourdie que l'on veuille me demander de l'aide à moi, moi qui pour la première fois met les pieds dans ce magasin, je lui répond que je parle un tout petit peu chinois.

          Elle m'explique alors qu'elle va devoir prendre l'avion bientôt et qu'elle veut mon avis sur les deux sacs valises qu'elle a entre les mains (je tiens -pour la bonne compréhension du lecteur- à spécifier que je suis à ce moment là dans le rayon des valises). Personellement je n'aurais choisis aucun des deux étant donné qu'aucun des deux ne survivra plus de deux voyages. Il s'agissait là de sorte de grands sacs non renforcés, l'un sur roulettes l'autre pas.

                                                      

                    (ce sac ne donne qu'une très vague idée de ce qu'elle avait entre les mains)

          Je lui dis que je veux bien l'aider et là elle se lance sur une comparaison des deux sacs, comparaison que je ne comprend que peu mais qui me permet d'apprendre le mot roulettes (que j'ai bien entendu oublié depuis). Une fois qu'elle a terminé c'est à moi de me lancer dans une grand explication où je lui explique que si elle met des objects lourds dans le sac elle ferait mieux de prendre celui à roulette parceque sinon c'est vraiment trop dur. Là elle fait la moue et je comprend que sa préférence se porte plutôt sur l'autre sac.

          Elle me demande alors de lui dire lequel je pense être le plus grand et là je sent que je l'impressionne avec ma maîtrise de la structure de comparaison en chinois (comme quoi ça sert les cours). Mais en gros ce que je lui dit c'est qu'au niveau contenance les deux sacs se valent à peu près.

          Elle se lance alors dans une grande explication que je ne comprend pas et au lieu de lui demander de répéter je fais l'erreur de lui dire que je ne sais pas. Elle me regarde alors avec suspicion et me demande si j'ai pris l'avion pour venir en Chine. Je lui répond que oui et elle me demande alors quel type de valise j'ai utilisé. Je me retourne alors et lui montre les grandes valises renforcées sur roulettes. Valises qui pour elle ne sont même pas une option envisageable.

          Je tente alors de lui dire que la raison pour laquelle j'avais moi ce type de valise : c'est parce que ça protège les objects fragiles. Mais là j'ai bloqué ne sachant pas comment on dit fragile en chinois. J'utilise alors le terme se cogner : dont je me rappelle bien étant donné qu'il se prononce "Peng". Ce terme donnant d'ailleurs le mot autotamponneuse qui en chinois se dit :  碰 碰 车 (pen peng che, che voulant dire voiture). Elle rigole un peu de mon explication et me repose la question fatale : lequel des deux sacs ?

          En grande spécialiste que je suis et voyant lequel elle péférait je lui répond alors génialement : si vous avez des objets lourd : celui à roulette, sinon : l'autre.

Elle me sourit, me dit merci d'abord en chinois puis en anglais et me laisse partir, moi, la grande spécialiste des valises en tout genre.

Note de bas de page : En Chine, les étrangers "de longue durée" sont en général bien considérés et acquiert -pour ceux qui travaillent- rapidement le terme d'expert. Par exemple les professeurs étrangers qui enseignent dans les écoles ou universités chinoises sont souvent logés dans les foreign experts building : 外国专家楼. Mais après ça se trouve ils ont une différente conception de l'expert...

Posté par Zegawoa à 18:37 - Commentaires [4] - Permalien [#]


Commentaires sur Lorsque étranger rime avec expérience

  • Quel sac interessant

    Connais-tu ce vieux proverbe :
    Dis-moi quel sac tu portes et je te dirai qui tu es!
    Aha - grand sujet d'analyse.

    Posté par J. Donut, 05 janvier 2008 à 16:58 | | Répondre
  • Trop forte!

    Comment on dit Experte-internationale-en-sac-de-voyage-en-toile-avec-ou-sans-roulettes en chinois?
    On sait jamais, ca peut toujours servir sur un CV!!

    Posté par Bill, 05 janvier 2008 à 18:58 | | Répondre
  • ha ouais toi t'es comme ça ! genre t'es pas foutue capable en 5ans (ou plus) d'allemand de parler correctement, mais c'est les doigts dans le nez que tu fais des comparaisons-de-sacs-de-voyage en chinois...logique !

    Posté par frau Caër, 07 janvier 2008 à 01:08 | | Répondre
  • Et ouais moi je suis comme ça !

    J. Donut : Bien sur que je connais ce proverbe. D'ailleurs je pars bientôt pour le Henan histoire de parfaire mes connaissances sacologiques.

    Bill : alors en chinois ça se dit : 我不知道怎么翻译你的句字. Je me dépêche de rajouter ça à mon CV !

    Madame Caër : je sais bien que je vous ai grandement désapointée mais ce n'était pas de ma faute. La raison de mon échec dans l'apprentissage de l'allemand c'était ma voisine ! Maintenant qu'elle n'est plus là je suis capable d'apprendre une langue sans problème !

    Posté par Zeg, 08 janvier 2008 à 14:33 | | Répondre
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